RONANGUILLOU

photography

20161020_141247 - Copie

Grâce à la pluralité des rencontres qu’elle offre avec les personnes et les espaces traversés, la photographie éveille ma conscience du monde et des différences. Ouvert aux expériences et à la découverte, j’envisage l’appareil photographique telle une boîte de résonance sensorielle. Dans un spectre large allant du portrait social au paysage en passant par l’observation des formes et des couleurs, mon travail se trouve à la croisée de la veine documentaire et du récit personnel. L’expérience des lieux et l’étude des territoires se relie naturellement à mon parcours.

Selon un cheminement tant réfléchi qu’intuitif, sont nées des séries réalisées essentiellement aux États-Unis. Captivé par l’impact socioculturel, environnemental et politique de l’Amérique sur le monde, fasciné par la glorieuse iconographie du pays, j’ai fait de ce territoire le cœur de mes recherches au début des années 2000. Depuis, mes travaux m’ont permis de tisser avec la nation un grand lien photographique et humain, de nouer un dialogue passionné avec la tradition documentaire américaine, toile de fond de mes projets.

Parallèlement à mes travaux américains, je poursuis un travail sur la ville de Paris, inspiré de la théorie de la Dérive élaborée par Guy Debord.

J’interviens également lors de workshops et participe à des jurys d’écoles.
— Ronan Guillou

Depuis Angel jusqu’à The Last frontier consacré à l’Alaska, en passant par Country Limit, Ronan Guillou tisse une maille visuelle qui renouvelle avec profondeur et sensibilité la question des marges et de l’entre-lieux sur le territoire américain. Nimbées de renvois à l’histoire de la photographie américaine, ses images convoquent un regard mélancolique qui cherche dans le passé la voie critique du présent et la possibilité d’un avenir. Son travail n’a de cesse de déjouer les clichés liés à un territoire, l’exotisme d’un ailleurs, et transcendent leur sujet.
Les photographies de Ronan Guillou distillent une atmosphère singulière où l’âpreté du réel s’adoucit dans l’épiphanie photographique et la poésie qu’elle provoque, possédant l’admirable capacité à vriller les surfaces de la normalité pour chercher dans le déjà-vu la part de mystère qui demeure.
— Héloïse Conésa
Conservatrice en Charge de la Photographie Contemporaine – Bibliothèque nationale de France