Depuis ‘Angel’ jusqu’à ‘La mort aussi bruyante que la vie’ consacré à l’Alaska, en passant par ‘Country Limit’, Ronan Guillou tisse une maille visuelle qui renouvelle avec profondeur et sensibilité la question des marges et de l’entre-lieux sur le territoire américain. Nimbées de renvois à l’histoire de la photographie américaine, ses images convoquent un regard mélancolique qui cherche dans le passé la voie critique du présent et la possibilité d’un avenir. Son travail n’a de cesse de déjouer les clichés liés à un territoire, l’exotisme d’un ailleurs, et transcendent leur sujet.
[…] Les photographies de Ronan Guillou distillent une atmosphère singulière où l’âpreté du réel s’adoucit dans l’épiphanie photographique et la poésie qu’elle provoque, possédant l’admirable capacité à vriller les surfaces de la normalité pour chercher dans le déjà-vu la part de mystère qui demeure.
Héloïse Conésa

Conservatrice en Charge de la Photographie Contemporaine – Bibliothèque nationale de France

De l’image sociologique à l’observation réflexive de paysages, mon travail croise regard documentaire, récit personnel et étude des formes. La photographie d’expériences est ce qui définirait le mieux ma pratique. Une telle formule permet par ailleurs de décloisonner les courants pour lesquels je me sens en affinité, autant qu’elle légitime une démarche libre et digressive.

Qu’il serve la révélation d’enjeux contemporains, la description sociale ou le plaisir de la composition, le lien entre les humains et leur environnement immédiat compose pour grande partie le sujet de mes projets photographiques. Certaines séries tendent à s’inscrire dans le sillage des New Topographics, depuis les zones intermédiaires semi-urbaines jusqu’à la ruralité, illustrant le fragile équilibre entre civilisation et nature. L’odyssée personnelle se nourrit quant à elle d’errances curieuses et de temps partagé avec les personnages rencontrés sur mon parcours, lesquels composent la partition de ma propre existence.

Captivé par l’impact socioculturel, environnemental et politique des États-Unis sur le monde, fasciné par la glorieuse iconographie du pays, j’ai fait de ce territoire le cœur de mes recherches. Mes récents travaux explorent les États d’Alaska et d’Hawaii, étonnamment peu représentés dans la tradition documentaire américaine.

Parallèlement aux séries américaines, je poursuis un travail sur la ville de Paris, inspiré de la Théorie de la Dérive élaborée par Guy Debord. Lawa Liba, projet le long du Maroni, fleuve frontalier de la Guyane et du Suriname, a été engagé tout récemment.

J’interviens également pour des workshops et participe à des jurys d’écoles, tout en répondant à des commandes de presse et des projets de communication. — Ronan Guillou

RONANGUILLOU

photography