RONANGUILLOU

photography

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ANGEL

Préface de WIM WENDERS
Un ange passe…

Il arrive que de temps à autres,
au cœur d’une conversation animée ou d’une réunion bruyante,
un silence soudain se produise.
« Un ange passe… »
pourrait-on entendre murmurer
alors que le silence demeure pour encore de toutes petites secondes,
faisant ressentir à certains quelques frissons.

Curieux, n’est-ce pas, qu’une telle expression ne se réfère qu’au silence ?
Pourquoi la limiter à l’expérience auditive ?
Serait-ce parce que les anges sont invisibles ?
Ne sauraient-ils nous donner des signaux visuels
pour annoncer leur présence furtive ?

Même si ces visiteurs ne flottaient autour de nous qu’au sens métaphorique,
que celui ou celle qui annonce l’ange qui passe
n’y croit pas au sens religieux,
mais voudrait simplement faire remarquer et partager ce moment fugitif
dont le caractère insolite mérite l’attention…

Laissez-moi vous emmener au gré de ces réflexions fantasques :
si nous transposions cette expression à l’acte de voir ?
Quand et dans quelles circonstances dirions-nous
« Un ange passe… »,
si vous voyiez le phénomène en question, plutôt que de l’entendre ?
Qu’auriez-vous besoin de voir
pour y associer la présence d’un ange ?

Reformulons de manière plus abstraite :
Existe-t-il ce qui ressemblerait à un soudain « silence visuel »,
– si vous me permettez l’oxymore –
qui rendrait cet instant précis si perceptible
qu’il vous transporterait dans un état de transcendance,
à défaut d’un autre terme ?

En y réfléchissant, j’ai vécu de pareilles expériences.
D’ailleurs, la plupart des photographes s’accorderont à dire
que de tels instants surviennent réellement au cours de leur vie et de leur travail.
Sauf qu’ils les nommeraient autrement,
Et sans doute n’évoqueraient-ils pas une présence céleste.
Alors, l’oxymore « silence visuel » n’est finalement pas si exagéré.
J’irais même plus loin :
je serais tenté de dire qu’à mon sens, le « silence visuel », pour garder l’expression,
est une définition possible de la photographie.
Voire une condition de l’acte photographique,
quelque chose qui précèderait le moment de photographier,
un espace de tangible sérénité,
de « paix » palpable, d’harmonie, de promesse…
Ou libre au témoin de la scène de choisir d’autres termes pour le définir.

Une telle condition est-elle obligatoire ?
Seul le romantique en moi le propose.
Le réaliste le sait : cette idée est pure fantaisie.
La plupart des photographies ne nécessitent point d’être précédées d’un moment extatique
ou que celui-ci joue un rôle majeur dans leur processus de création.
Et pourtant, il y a un genre particulier d’images qui l’exige.
Absolument !

J’en conviendrais si vous jugiez que tout ceci est un peu vague.
Je vais essayer d’être plus précis…

Qu’arrive-t-il vraiment quand l' »Ange passe… » (de façon métaphorique ou autrement),
qu’il nous prévient visuellement (de manière encore indéfinie)
et nous montre combien le moment en question est si singulier
qu’il donne instinctivement envie de le partager ?

Pour être moi-même photographe, j’ai la réponse :
dans cette seconde où le sujet apparaît, surgit, se révèle par sa présence
(ou peut-être à l’inverse : sa soudaine absence ! -),
le désir de le photographier s’accorde simultanément avec l’action
de lever l’appareil, de viser et déclencher.
Alors vous touchez un moment d’extase,
– voire un instant de grâce –
vos yeux sont guidés, « radiocommandés »,
vous réfléchissez à peine,
parfois même sans chercher à cadrer :
C’est là !

Ne nous méprenons pas : je ne parle pas ici d' »instantanés » !
Les instantanés sont tout autre chose.
Je suis (toujours) dans le domaine de la transcendance,
dans le moment éphémère de l’extase photographique,
avec l’ange (métaphorique ou non) qui passe.
Si vous suivez l’indication de l’ange,
vous aurez capté, sur votre négatif ou votre mémoire numérique,
quelque chose qui tient de ce « silence visuel ».

Je le redis, seule une précieuse petite quantité
de photographies sont prises ainsi…
Le calme qui précède (et produit) le passage de l’ange
échappe à de nombreux appareils photographiques.
Le temps d’hésiter, et l’ange s’évapore.
Parfois, j’ai le sentiment qu’on ne l’aperçoit que du coin de l’œil,
et le temps de décider de déclencher pourrait le faire disparaître.
Seul l’instinct peut vous mener aux photographies « guidées par l’ange ».

Les photographies du livre que vous tenez entre vos mains
sont une bien meilleure définition
de ce que je tente d’expliquer au prix d’efforts verbaux et tournures maladroites.
Ronan Guillou fait partie des quelques photographes que je connais
(enfin, pas encore personnellement)
qui ont l’œil (et l’oreille de l’âme) prêt à saisir ces instants éphémères.
Il est vrai que je vois l’ange passer dans nombreuses de ses images.

Comme le titre de la couverture de cette belle collection d’images
suggérait quelque chose de cet ordre là,
j’avoue d’abord avoir été un peu perplexe.
Puis j’adhérai pleinement à cet audacieux choix de titre
quand je découvris les premières images de l’ouvrage.
(et ce, avant d’arriver en page 71 qui me fit sourire alors que m’apparaissait une photographie figurant un panneau où est écrit : « Next Day Angel », renforçant la légitimité du titre)

Au début, j’ai beaucoup souri
en cherchant à m’immerger dans l’univers de ces photographies.
Elles ne vous demandent pas de sourire,
elles vous font sourire… (C’est une grande différence !)
Elles vous font partager ces instants de grâce.
Tout comme cette personne, chuchotant « un ange passe… »,
vous regardez attentivement ces images dans un bref silence,
et pourriez vous surprendre à frissonner.

A mes yeux, la capacité qu’a parfois la photographie (et la cinématographie)
à montrer l’invisible a toujours relevé du mystère.
Une nouvelle formule contradictoire, me diriez-vous,
et pourtant le grand secret des peintures, des photographies et des films,
de temps à autres et jamais vraiment à dessein,
est qu’ils révèlent ce qui ne peut être vu.
(Je suppose que c’est en définitive ce que nous entendons par transcendance.)

Dans le monde visible, il y a des interstices,
qui s’ouvrent et se referment
(ce qui résout presque l’énigme de l’oxymore « silence visuel »)
Et quand vous suivez ce signe murmuré
vous parvenez à entrevoir ce qu’il y a « derrière ».

A l’heure où j’écris ces mots,
je m’entends fredonner une chanson de Leonard Cohen
Et réalise avec amusement que les paroles résument bien l’ensemble :
« There is a crack in everything,
that’s how the light gets in… »
(« Il y a une brèche en toute chose,
C’est ainsi que la lumière entre… »)
(Avez-vous déjà éprouvé cette sensation
quand une chanson vous reste en tête toute la journée,
qu’elle exprime fidèlement ce que vous ressentez ?
Seulement si vous êtes attentifs aux paroles…)

Ce qui m’enchante dans les photographies du livre de Ronan Guillou,
c’est que toutes ces images sont trouvées.
Toutes sont réalisées dans l’impulsion du moment.
Elles ne sont ni manipulées ni « travaillées ».
Elles rayonnent de réalité.
Quel soulagement !
Je ne peux renoncer à l’idée que trouver est devenu plus créatif qu’inventer.
(Je sais que cette thèse est en opposition avec la philosophie actuelle du métier)

Cependant, on ne trouve pas comme ça, d’un seul trait, sous le coup de la chance.
D’abord il faut chercher.
Et il faut savoir chercher.
Savoir quand voir ce que l’on cherchait.
Alors, si la chance vous sourit,
(et que vous avez suivi le signe de l’ange)
vous réalisez des images que nous pourrions interpréter comme des « offrandes »,
elles sont apparues à vous, vous ont été offertes,
et à votre tour vous pouvez les transmettre.
Ainsi celui qui observe l’image prend-il part à la grâce de ces moments,
sans avoir à s’extasier de votre créativité.
Vous l’invitez à partager avec vous ce moment où l’ange passe.

Ronan trouvait (et regardait) en Amérique,
c’est en cela que sa précieuse collection d’offrandes
a d’autant plus de signification pour moi.
Les Etats-Unis sont un territoire difficile pour les photographes
(les Européens plus particulièrement), une aire abondante de « déjà-vus ».
Je parle en connaissance de cause,
pour avoir moi-même été exposé trop de fois à ces dangers.

Ronan a échappé à la plupart de ces pièges.
Les Américains qui le regardent (et vous regardent maintenant) dans ces photographies
apparaissent dans la brèche à laquelle Leonard Cohen fait allusion,
pour que l’ange de la photographie puisse leur distiller la lumière…
Je remercie l’ange d’être passé.
Et je remercie Ronan de l’avoir aperçu,
et dans un murmure, de nous l’avoir annoncé…
Wim Wenders

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