Vue au départ comme une zone de connexion ou de séparation entre mes projets menés sur le territoire américain, Walker est une « entre-séries », devenue série elle-même, à la suite du livre Angel.

Utilisé dans la langue du pays exploré, le mot walker – marcheur – s’est choisi naturellement tant il correspondrait à une définition du/de la photographe. Marcher. Des temps à durées variables à arpenter, rester statique, puis s’engager plus loin, ou revenir sur ses pas. Expérimenter les lieux, dériver pour trouver – ou non – ce qui nourrira – ou non – la partition d’une série photographique en cours. Être curieux d’une forme, d’un motif, approcher une silhouette que seuls les pas peuvent atteindre. Observer ceux qui marchent aussi. Se laisser guider par un son, une senteur, par la température ou par le vent. Être disponible pour la rencontre qui mènera peut-être à une autre. S’imprégner, en avançant, de l’espace et du temps pour écrire en images le récit de l’expérience d’un territoire et de ceux qui y vivent.

Plutôt qu’auto-proclamer une filiation à l’œuvre marquante de Walker Evans, le nom de la série évoque les possibilités de croiser les sillages du photographe du siècle passé.

R.G

RONANGUILLOU

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