LAS VEGAS TOPOGRAPHICS  / Nevada USA

Le soutien à la photographie documentaire du Centre national des arts plastiques m'a permis de poursuivre en 2019 un projet débuté six ans plus tôt. Il observe les conséquences de l'expansion urbaine de Las Vegas sur le désert de Mojave, mutilé par l'étalement urbain, défiguré par la construction permanente, particulièrement à l'ouest de la ville.

Lors du second séjour dans la vallée, j'établissais un nouveau constat, cette fois à l'est de la ville. Toujours aux limites de l'urbain et du bassin aride, le désert se voit parsemé d'objets délaissés, débarras domestiques, vestiges de la consommation accumulative toxiques pour l'écosystème. Comme prophétiques, deux photographies montrant une pieuvre et un ours polaire en peluche servent de métaphore au drame écologique qui se joue

dans la région. Constitués essentiellement de matières synthétiques, ces animaux "morts" et abandonnés dans la nature illustrent la menace universelle qui pèse sur la faune réelle.

 

Las Vegas Topographics fusionne donc deux sujets représentant l'un et l'autre un péril pour la vallée que menacent les grands programmes immobiliers et l'irresponsabilité individuelle.

La photogénie du drame questionne ma position de photographe, alors que je tire parti des ressorts de composition qu'offrent les réalités observées. Le titre s'inspire des New Topographics, courant photographique né dans les années 1970 qui traite des paysages altérés par l'humain.

RG